J’ai testé la Mercedes EQA : cette électrique à 48 900€ m’a surpris » (révélations)

Test Mercedes EQA : la Mercedes électrique la moins chère vaut-elle ?

Le Mercedes EQA se positionne comme la porte d’entrée électrique de la marque allemande, affiché à partir de 46 950 euros. Cette tarification stratégique permet tout juste d’accéder au bonus écologique français, le véhicule étant proposé 50 euros sous le seuil fatidique. D’un autre côté, cette position tarifaire attractive cache-t-elle des compromis importants ? Notre analyse détaillée révèle les forces et faiblesses de ce SUV électrique compact.

Un habitacle soigné mais des compromis techniques

L’intérieur du Mercedes EQA respecte les codes de qualité attendus de la marque à l’étoile. La planche de bord généreusement rembourrée, ornée de surpiqûres rouge écarlate, procure une sensation premium indéniable. Les buses d’aération façonnées comme des turbines d’avion et habillées de chrome argenté renforcent cette impression de raffinement.

Le pack AMG Line Premium, facturé 6 700 euros, apporte des sièges semi-baquets en microfibre et un pédalier en acier brossé qui honorent la réputation Mercedes. En revanche, l’inspection minutieuse révèle l’utilisation de plastiques durs dans les zones inférieures, pratique courante dans cette catégorie tarifaire.

L’ergonomie présente des aspects contrastés. Si les commandes de ventilation physiques séduisent face à la tendance tactile généralisée, les boutons semi-tactiles du volant se révèlent particulièrement agaçants. Répartis sur quatre branches différentes, ces petites touches nombreuses constituent un véritable casse-tête à l’usage quotidien.

Version Puissance 0 à 100 km/h Autonomie WLTP Prix de base
EQA 250+ 190 ch 8,6 secondes 557 km 46 950 €
EQA 300 4MATIC 228 ch 7,7 secondes 471 km Non communiqué

Technologie et confort au rendez-vous

Le système multimédia MBUX optionnel constitue l’un des points forts majeurs du véhicule. Cette interface de 10,25 pouces impressionne par sa fluidité exceptionnelle et ses graphismes particulièrement soignés. L’écosystème connecté inclut un assistant vocal performant, une borne Wi-Fi intégrée, des fonctions prédictives basées sur les habitudes d’utilisation, ainsi qu’un système de navigation en réalité augmentée.

Le confort de roulage surprend positivement sur ce véhicule compact. Malgré le châssis abaissé du pack AMG Line Premium, les suspensions absorbent efficacement les irrégularités routières. L’insonorisation réussie élimine les sifflements du moteur électrique tandis que les bruits de roulement restent imperceptibles. Les turbulences aérodynamiques sont également bien maîtrisées.

Néanmoins, les sièges manquent légèrement de maintien latéral et se révèlent trop fermes pour certains utilisateurs. Le bloc d’instrumentation de 10,25 pouces compense par sa complétude et sa personnalisation totale, offrant des graphismes impeccables dignes d’une console de jeu.

Performances et efficience mitigées

L’autonomie théorique de 557 kilomètres grâce à la batterie de 70 kWh positionne favorablement l’EQA face à certains concurrents. Sur autoroute à 130 km/h par 18°C, la consommation se stabilise à 19 kWh/100 km, permettant d’atteindre environ 350 kilomètres sur une charge complète. Cette sobriété place le Mercedes au niveau de l’Audi Q4 e-tron et devant le BMW iX2.

Néanmoins, les capacités de recharge déçoivent considérablement. Limitée à 100 kW en courant continu, cette puissance paraît faible comparée aux 135 kW de l’Audi ou 130 kW du BMW. Le cycle 10-80% nécessite ainsi près de 35 minutes, performance largement distancée par les 250 kW du Tesla Model Y ou les impressionnants 451 kW du Xpeng G6.

Les performances dynamiques confirment l’orientation confort du véhicule. Le moteur électrique de 190 ch de la version 250+ propulse l’EQA de 0 à 100 km/h en 8,6 secondes, performance honorable mais sans éclat. Sur route sinueuse, le comportement mollasse se caractérise par un roulis important et des plongées brutales au freinage, limitant le plaisir de conduite.

Un positionnement tarifaire discutable

L’équipement de série révèle les principales faiblesses commerciales du Mercedes EQA. Pour 46 950 euros, le véhicule fait l’impasse sur de nombreux équipements considérés comme standards chez la concurrence :

  • Sièges électriques non inclus
  • Volant chauffant absent
  • Suspensions pilotées en option (1 200 €)
  • Conduite semi-autonome non proposée
  • Régulateur adaptatif et accès mains libres optionnels

Cette politique tarifaire agressive sur les options fait rapidement grimper la facture. Notre version d’essai atteint ainsi 57 150 euros, tarif difficilement justifiable face aux prestations concurrentes. L’Audi Q4 e-tron débute à 46 990 euros avec une technique plus aboutie, tandis que les Xpeng G6 et Tesla Model Y proposent des prestations supérieures à tarifs équivalents ou inférieurs.

L’habitabilité souffre également des contraintes de la plateforme GLA. Le coffre ridicule de 340 litres contraste avec les 495 litres du GLA thermique, compromettant sérieusement la praticité. Les places arrière pâtissent d’un tunnel central encombrant et d’un plancher surélevé réduisant le confort des passagers.

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