Horse Powertrain s’impose comme une stratégie audacieuse de Renault face aux défis de la transition énergétique. Cette coentreprise, née de l’alliance avec le géant chinois Geely et le pétrolier Saudi Aramco, révolutionne l’approche traditionnelle du secteur automobile. Pendant que la plupart des constructeurs abandonnent leurs activités de motorisation thermique, Renault mise sur l’avenir d’un marché loin d’être obsolète.
Une vision stratégique à contre-courant des tendances électriques
L’analyse du marché révèle une réalité surprenante : 53 % des véhicules conserveront un moteur à combustion d’ici 2035. Mathias Giannini, CEO de Horse Powertrain, projette même que cette proportion ne diminuera qu’à 50 % en 2040. Ces prévisions justifient l’ambition de devenir le leader mondial des fournisseurs de moteurs thermiques et hybrides.
Wang Ruiping, responsable du centre technologique chinois, défend cette approche pragmatique. Elle considère que les différents choix énergétiques actuels perdureront, avec simplement une distribution plus équilibrée entre les technologies. Cette vision contraste avec les stratégies 100 % électriques adoptées par de nombreux concurrents.
L’infrastructure industrielle suit cette ambition : Horse Powertrain dispose de 17 usines mondiales, dont 8 implantées en Chine, accompagnées de 5 centres de développement dédiés à l’optimisation des performances et à la réduction des coûts.
| Indicateurs clés | 2024 | Objectif 2029 |
|---|---|---|
| Moteurs vendus | 3,67 millions | +4 millions (oct. 2025) |
| Chiffre d’affaires | Base 2024 | 15 milliards € |
| Croissance visée | – | +80% |
Innovation technologique et avantage concurrentiel européen
Le centre de développement chinois, situé dans la baie de Hangzhou, illustre les capacités d’innovation de Horse Powertrain. Les installations reproduisent des conditions extrêmes sans nécessiter de tests routiers internationaux coûteux. Les chambres d’essai simulent des températures de -40°C à +65°C, avec des taux d’humidité atteignant 85 % et des altitudes jusqu’à 5000 mètres.
Cette approche technologique permet d’accélérer considérablement le développement. Renault prévoit ainsi des économies de 2 milliards d’euros d’ici 2030 grâce à cette mutualisation des ressources. L’argument économique devient décisif : « Les constructeurs automobiles ne peuvent pas tout faire », souligne Giannini.
L’expertise européenne est un élément distinctif clé face à la concurrence asiatique. Wang Ruiping explique que les moteurs japonais privilégient l’efficience au détriment de la puissance, contrairement aux attentes européennes. Cette différenciation technique ouvre des opportunités significatives, notamment avec le moteur C15 présenté au salon de Munich.
Diversification des marchés et perspectives d’expansion
Le portefeuille client de Horse Powertrain s’enrichit progressivement. Aux partenaires actuels (Geely, Volvo, Renault, Nissan, Proton), s’ajouteront bientôt Leapmotor, Chery Automobile et JAC Motors. Cette diversification géographique et commerciale sécurise la croissance prévue.
L’entreprise développe une stratégie intégrée proposant non seulement des moteurs, mais également les plateformes spécifiques nécessaires à leur optimisation complète. Cette approche systémique renforce la valeur ajoutée et la fidélisation client.
Les perspectives d’expansion dépassent le secteur automobile traditionnel. Selon des sources proches du dossier, Horse Powertrain étudierait d’autres applications :
- Transport maritime avec les motorisations navales
- Engins de chantier et machines industrielles
- Systèmes de propulsion pour drones
- Solutions de mobilité alternative
L’adaptation aux normes environnementales futures constitue un enjeu majeur. Le passage de la norme chinoise CN6b vers CN7, ainsi que l’évolution de la réglementation européenne EU7, nécessitent des investissements technologiques significatifs. Horse Powertrain développe des systèmes combinant efficience de combustion et optimisation de compression, avec des surcoûts estimés entre 80 et 200 euros par moteur.